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HISTOIRE DE « PRINCE CHARMANT »

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HISTOIRE DE « PRINCE CHARMANT »

 

 

Nous n’avons jamais pu déterminer quel est le prénom ni quel est en réalité le nom de « Prince Charmant ».

Est ce « Prince » son nom ou est ce « Charmant ».

Les parents du petit n’ont pas dû inviter la presse au baptême. Ni « Gala » ni « Voici » n’en parlent. Nul écrit ne relate un quelconque lien de parenté déclaré avec le beau gosse.

Aucun registre de mairie, aucune préfecture, malgré mes recherches avancées, ne déclare un quelconque « Prince » ou « Charmant ».

 

J’ai longtemps cru tenir une piste après avoir lu la très belle histoire de Saint Exupéry sur le jeune pubère au renard, au mouton et à la rose pour couvrir l’odeur des deux précédents.

Mes espoirs ce sont envolés, comme lui, et sont restés sans retour, comme lui aussi d’ailleurs.

Nous n’avons pas non plus de détails sur sa période enfantine.

Comment a t’il grandi?

Ce vaillant cavalier a t’il eu une enfance heureuse? J’en doute!

Compte tenu de sa quête permanente du bonheur, tout au long du rappel de ses faits et gestes, on devine aisément un manque d’affection évident.

Son incessante recherche de l’amour est, c’est certain, une preuve évidente de son enfance malheureuse.

A t’il été battu, a t’il subit quelques sévices de la part d’un père ou d’un beau père incestueux voire d’un oncle libidineux?

Les huissiers sont t’ils venus nettoyer le château au nom de créanciers peu amènes envers leurs débiteurs éreintés par le poids des charges? C’est que ça coûte une bâtisse comme ça! Même si les gueux ne sont pas payés, l’entretien des mâchicoulis, créneaux et autre barbacane ne peut souffrir le moindre retard. Une attaque prompte et directe de la part des maures vivants est toujours envisageable. Rappelons nous l’issue tragique du bombardement des deux tours du château d’york le 11 septembre de l’an de grâce dernier.

 

Pour en revenir à sa majesté, c’est un garçon pareil à Èsope ou La Fontaine; il est affable.

Nous retrouvons dans les écrits de l’époque cette hargne de s’en sortir, cette volonté de s’entourer d’affection auprès de toutes les filles conquises et cet entourage amoureux dont il se pare en permanence, toujours présent, toujours là qui quête en avant.

 

Que lui est il arrivé? Qu’à t’il dû subir pour en arriver à cette obsessionnelle envie de bien faire?

Je n’en ai pas la réponse, hélas.

 

Nonobstant mon dégoût de l’échec explicatif, la rage de vous être utile ne m’a pas mené vers une issue rationnelle.

Comme dit souvent mon phlébologue « mes recherches sont restées vaines ».

 

A la suite de réflexions très poussées, en mon for Intérieur, je peux m’avancer et vous livrer en toute impartialité la profonde conviction qui m’habite ( et non pas qu’est ma…).

 

Tout petit et dés son plus jeune âge la peur de l’abandon par ses parents le taraudait. Ce retrouver dans cette immense demeure à l’âge où l’on fait encore pipi au lit, vers quinze ans, est des plus traumatisant.

Certes papa est allé combattre le dragon, maman est allée à son cours de quenouille confectionner un protège genoux mais lui, pauvre orphelin d’une après midi radieuse, que devient-il?

 

Pas un seul pote à l’horizon. Pas même une gamine comme copine avec qui jouer au docteur!

« Je te mets le doigt dans le nombril ».

« C’est pas mon nombril ».

« C’est pas mon doigt ».

 

Tout ceci est déterminant pour la suite à venir.

 

Les années passent.

L’adolescence pointe le bout; de son nez bien sûr.

De surcroît le printemps s’installe. La sève monte dans les jeunes pousses.

 

Il n’en faut pas plus à nôtre héraut pour harnacher son fier destrier blanc et partir sur les routes du royaume délivrer la veuve et l’orphelin voire culbuter quelques gueuses pas sages au passage.

 

Que nous racontent les différentes enluminures découvertes sous les matelas des moines dans les couvents de l’Europe entière?

Les plus précis à nous renseigner, de manière relativement exacte, sont les moines grecs, « Anachorètes » et « Cénobites ».

Ces derniers, à la vie monastique en communauté, sont tous sans exception des moines philosophes et imperturbables.

Leur vie suit les aiguilles du temps.

Leur véritable et complète dénomination en découle. Ils s’en défendent toutefois. « Méa culpa, méa culpa » reste leur crédo.

Des temps les plus reculés jusqu’à nos jours ils se définissent et disent en cœur: « Nous sommes qui nous sommes; les Cénobites tranquilles ».

Tous célibataires, comme il se doit, nos ermites caressent l’espoir, d’une main experte, d’accéder aux parties intimes de la vie de ce beau voyageur.

C’est avec moult détails plus ou moins coquins qu’est rapporté la vie dissolue du gredin.

Pas une servante, pas un jupon ne lui résiste. Il subit son délit de belle gueule.

 

La liste est longue:

Blanche neige (et peut être les sept nains; on n’est pas sur).

La Belle au bois dormant (facile, elle est au plumard en permanence)

Cendrillon (facile à « péchau », elle a des groles en verre; pas évident pour s’échapper).

La princesse au petit pois (il lui a biné la pelouse).

La petite fille aux allumettes (à force d’allumer ça devait arriver).

La petite sirène (elle est là à chaque intervention des hommes du feu).

La Belle (et peut être la bête; mon dieu, quelle horreur).

La jolie Gretel (Hansel est plutôt mateur, lui. Chacun son truc »!

La grande Raiponce (mais ou est la vrai vie sans son prince).

La reine des neiges (froide au début mais chaudasse comme la braise ensuite).

La magnifique Jasmine s’y est frottée (bien avant qu’elle ne rencontre Aladin et sa lampe).

Le petit Chaperon rouge (celle là à déjà vu le loup).

La sublime Barbie (sans son Ken parti avec sa secrétaire en séminaire pour le week-end).

N’oublions pas Martine à la ferme, Dora l’exploratrice, Superwoman, Cruella la chienne et j’en passe.

Il est même allé voir le joueur de flûte mais celui ci préférait les petits rats.

 

La liste est longue et non exhaustive.

 

Notre immaculé Casanova n’en peut plus. Il est sur les rotules.

Il jette l’éponge.

 

A beaucoup il a promit le mariage et beaucoup d’enfants à la clé.

En ces temps reculés les pensions alimentaires ne sont pas pléthores compte tenu que le juge est parti.

 

Devant sa console de jeux, pendant que « maman Ogre » victime consentante fait de la soupe aux lardons, le godelureau rêve de nouvelles aventures.

 

Sa monture a certes besoin de repos mais lui n’en reste pas moins un homme a l’appétit certain.

 

Comment tout cela va t’il finir?

Épuisé, au ciel c’est sur, mais au septième.

 

Je vous laisse, il est onze heures. J’ai un bouillon à préparer pour ma vieille voisine dont je dois hériter d’ici pas longtemps.

 

Aller à dix chats

 

Michmich Debordo.

 

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